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Stanislas Zézé, l’Ivoirien qui a bâti une agence africaine de notation financière
Portrait — Fils de militaire, formé en France et aux États-Unis, Stanislas Zézé a quitté une carrière dans de grandes institutions pour créer Bloomfield Investment Corporation à Abidjan. Son parcours raconte une ambition : donner aux marchés africains les moyens d’évaluer eux-mêmes leurs risques financiers.
Stanislas Zézé grandit dans une famille marquée par la discipline militaire. Il perd son père alors qu’il n’a que 18 ans. L’entrepreneur présente cette épreuve comme l’un des événements qui ont forgé sa détermination face aux difficultés.
Il étudie le droit des affaires à l’université de Nantes, en France, avant de poursuivre sa formation aux États-Unis. Il y étudie notamment à l’Eastern Michigan University et obtient un master en administration publique à l’université du Michigan, avec une spécialisation liée à la gestion des risques financiers et à la planification stratégique.
Sa carrière le conduit ensuite à travailler dans l’analyse des risques auprès de la National Bank of Detroit, de la Banque mondiale à Washington et de la Banque africaine de développement. Chez Shell Oil Products Africa, il devient directeur régional du risque crédit pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Cette expérience lui donne une connaissance des attentes des prêteurs et des obstacles rencontrés par les emprunteurs africains.
Le pari de Bloomfield
En 2007, Stanislas Zézé décide de créer à Abidjan Bloomfield Investment Corporation, présentée comme la première agence de notation financière d’Afrique francophone. Il entre dans un secteur dominé par des acteurs internationaux et doit construire, étape par étape, la crédibilité d’une agence indépendante née sur le continent.
Son choix porte aussi sur la manière d’évaluer le risque. Bloomfield établit des notations en monnaie locale, tout en tenant compte des obligations en devises lorsqu’elles existent. Selon Zézé, cette approche permet de mieux apprécier la capacité d’une entreprise ou d’un État à rembourser une dette contractée dans la monnaie où il produit l’essentiel de ses revenus.
La notation aide les investisseurs à apprécier la solvabilité d’un emprunteur. Au fil des ans, Bloomfield étend ses analyses aux institutions financières, aux entreprises, aux collectivités locales et aux États. Stanislas Zézé déclarait en 2021 que l’agence avait réalisé plus de 2 000 notations depuis sa création. Il a également indiqué que ses activités s’étendaient à 20 pays africains, trois pays européens et un pays asiatique. Ces chiffres correspondent aux déclarations de l’entreprise et de son dirigeant.
Un parcours reconnu, une expérience transmise
Surnommé « l’homme aux chaussettes rouges », Stanislas Zézé publie en 2022, avec Pacôme Christian Kipré, un livre autobiographique portant ce titre. Il y revient sur les étapes de sa vie professionnelle, les périodes de doute et le soutien de son épouse, Jeanne Sissoko-Zézé. Il souhaite aussi partager son expérience avec une nouvelle génération d’entrepreneurs.
Son parcours a été distingué en Côte d’Ivoire : il a été décoré officier de l’Ordre national en août 2019. Il intervient par ailleurs auprès de jeunes entrepreneurs et dans les médias sur les questions financières, défendant notamment le courage, l’humilité et la résilience dans la conduite d’un projet.
L’entreprise qu’il a fondée poursuit aujourd’hui son développement au-delà de la notation. Le groupe a lancé Bloomfield Intelligence en janvier 2025, puis Bloomfield Review en janvier 2026, pour diffuser des analyses économiques adaptées aux réalités du continent.
De la disparition de son père à la création d’une agence financière africaine, Stanislas Zézé a construit une carrière autour de l’évaluation du risque et de la confiance. Son héritage entrepreneurial tient aussi dans cette idée : une expertise financière exigeante peut être conçue et développée en Afrique pour répondre aux besoins de ses marchés.
La rédaction Ivorian S & E / Ivorian.Net







