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Le communiqué du Procureur national financier, daté du 7 octobre 2026, apporte une confirmation officielle aux plaintes évoquées par Ivorian.Net dans son article du 4 octobre. Une information judiciaire vise Rita Djédjé, sa société et plusieurs personnalités publiques. Cette nouvelle étape éclaire l’ampleur du dossier, sans préjuger de la culpabilité des personnes poursuivies.
Dans son article intitulé « Immobilier en Côte d’Ivoire : l’affaire Rita Djédjé ravive les inquiétudes des acquéreurs », publié le 4 octobre 2026, Ivorian.Net rapportait les accusations de souscripteurs concernant des opérations foncières. Le média soulignait alors l’absence de confirmation officielle sur certains éléments de procédure et rappelait que Rita Djédjé contestait les faits reprochés.
Le communiqué du Procureur national financier apporte désormais des précisions sur les investigations et les poursuites engagées. Il confirme que les dénonciations ont donné lieu à une enquête, puis à l’ouverture d’une information judiciaire. La justice devra encore établir les faits et déterminer les responsabilités individuelles.
Une soixantaine de plaignants et un montant provisoire considérable
Selon le communiqué, plusieurs plaintes émanant d’une soixantaine de personnes ont été centralisées à la Direction de la Police économique et financière, après des dénonciations également relayées sur les réseaux sociaux.
Les premiers éléments de l’enquête indiquent que Mme Djedje Grahon Rita Bénédicte et la société Ivoire Challenge Corporation SARL auraient reçu 320 701 500 FCFA, montant provisoirement évalué, pour des acquisitions de parcelles dont elles ne seraient pas propriétaires.
Ce point constitue le cœur du dossier : déterminer les droits détenus sur les terrains proposés, les engagements pris envers les souscripteurs et l’utilisation des fonds encaissés. Le montant annoncé reste provisoire et ne permet pas, à lui seul, de connaître les pertes définitives de chaque plaignant.
Plusieurs personnalités visées par l’information judiciaire
Outre Rita Djédjé et sa société, le parquet cite notamment Zahibo Jean, alias John Jay ; Serey Dié Geoffroy ; Adrienne Koutouan ; Agbré Stéphane, alias Apoutchou National ; Dali Dago Aristide, alias Pantcho le Gatair ; Kouamé Yeelen Virginie, alias Maa Bio ; et Soumahoro Aboubacar, alias Yaka Yaka de Paris.
Les qualifications pénales mentionnées comprennent notamment l’association de malfaiteurs, l’escroquerie portant sur du numéraire par appel public à l’épargne, l’abus de confiance, le faux et usage de faux dans des documents administratifs, la complicité d’escroquerie et le blanchiment de capitaux.
Le communiqué ne détaille cependant pas l’attribution de chaque qualification à chacune des personnes citées. Il serait donc inexact de leur prêter indistinctement les mêmes actes ou le même degré d’implication.
Le parquet précise également avoir requis un mandat de dépôt contre Rita Djédjé. Cette formulation rapporte une demande du ministère public ; elle ne suffit pas à établir, à elle seule, la décision effectivement prise par le juge.
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l’affaire Rita Djédjé ravive les inquiétudes des acquéreurs
Analyse : quand la notoriété devient un argument de confiance
Selon le procureur, des vidéos associant la promotrice à des personnalités connues auraient servi à attirer des acquéreurs. Certaines personnes auraient encouragé les souscriptions, tandis que d’autres auraient promu les projets dans des groupes WhatsApp ou encaissé des sommes pour son compte.
Le dossier pose ainsi une question centrale : quelle place la confiance accordée à une célébrité prend-elle dans une décision d’investissement ?
Une apparition publique peut rassurer un acheteur sans lui apporter la moindre preuve sur la propriété d’un terrain ou la fiabilité d’une opération. L’analyse de cette affaire invite donc à distinguer la visibilité commerciale d’un projet de ses garanties documentaires.
Il faudra aussi différencier une simple apparition dans une vidéo, une recommandation commerciale, une intervention dans la collecte de fonds et une éventuelle participation consciente aux faits poursuivis. Ces situations ne permettent pas de tirer les mêmes conclusions. L’instruction devra préciser le rôle de chacun.
Les attentes des plaignants au-delà de la polémique
Pour les souscripteurs qui s’estiment lésés, l’enjeu dépasse les noms des personnalités citées. Leurs attentes portent sur la traçabilité des versements, la réalité des parcelles promises et les possibilités de récupération de leur argent. Le communiqué ne permet pas encore d’annoncer un remboursement ni un calendrier de réparation.
L’affaire souligne également le double rôle des réseaux sociaux : outils de promotion des opérations immobilières, ils ont aussi permis la diffusion des dénonciations. Cette visibilité peut contribuer à faire émerger des plaintes, mais elle ne remplace pas l’examen des contrats, des paiements et des documents fonciers.
Le parquet appelle à davantage de prudence face aux investissements promus sur ces plateformes et met en garde contre l’utilisation de la notoriété à des fins délictuelles.
Pour Ivorian.Net, cette évolution judiciaire prolonge les interrogations soulevées le 4 octobre. Elle confirme l’existence d’un dossier pénal et précise les accusations examinées. La suite devra être suivie avec la même exigence : informer sur les éléments vérifiés, rendre compte des réponses de la défense et respecter la présomption d’innocence de toutes les personnes mises en cause.
La rédaction, 09/10/2026 – Ivorian.Net






