
Dernère mise à jour -
Dossier
Une initiative portée par le Comité de soutien,
le Fan Club de Sidiki Bakaba et Babiwood Académie
Le dossier consacré à Sidiki Bakaba ne se limite pas aujourd’hui à la question de la restitution de ses biens.
Autour de cette grande figure du cinéma et du théâtre ivoiriens se dessine également une initiative culturelle d’envergure visant à transmettre aux nouvelles générations un patrimoine artistique, une expérience professionnelle et une vision du cinéma comme outil d’éducation, de formation, d’insertion et de développement local.
Cette démarche comporte ainsi deux volets complémentaires : d’une part, la mobilisation du Comité de soutien et du Fan Club autour des revendications relatives aux biens de Sidiki Bakaba ; d’autre part, le lancement d’un vaste projet-programme cinématographique et culturel destiné à rapprocher le cinéma et les arts vivants des populations, particulièrement de la jeunesse.
1. SIDIKI BAKABA, UNE FIGURE MAJEURE DE LA CULTURE IVOIRIENNE ET AFRICAINE
Acteur, réalisateur, metteur en scène, formateur et homme de théâtre, Sidiki Bakaba appartient à plusieurs générations de l’histoire culturelle ivoirienne et africaine.
Son parcours s’est construit entre le cinéma, le théâtre, la mise en scène, la formation et la transmission. Il a également dirigé le Palais de la Culture d’Abidjan et créé, dans son enceinte, une structure de formation aux métiers du théâtre et du cinéma.
Son œuvre témoigne ainsi d’une conception de la culture qui dépasse la seule création artistique : former, conserver, transmettre et permettre aux jeunes générations de prendre le relais.
Cette dimension de transmission constitue aujourd’hui l’un des fondements du projet culturel présenté autour de son nom.
2. LA QUESTION DES BIENS DE SIDIKI BAKABA
Depuis les événements liés à la crise postélectorale de 2010-2011, Sidiki Bakaba affirme ne pas avoir retrouvé la pleine jouissance de certains de ses biens en Côte d’Ivoire.
Selon ses déclarations publiques et celles de ses soutiens, les revendications concernent notamment des biens personnels ainsi que du matériel, des équipements et des archives liés à ses activités artistiques et professionnelles.
Le Comité de soutien des artistes et le Fan Club de Sidiki Bakaba ont donc engagé une mobilisation afin que cette situation soit examinée par les autorités compétentes et qu’une solution puisse être trouvée dans le respect du droit et des procédures administratives et judiciaires applicables.
Cette mobilisation est notamment portée publiquement par Lobad De Lakota, cinéaste, scénariste, chargé de projets à Babiwood Académie et porte-parole du Comité de soutien.
L’objectif déclaré est d’attirer l’attention de l’opinion publique et des institutions sur le dossier, tout en privilégiant une démarche de dialogue, d’apaisement et de reconnaissance de l’apport de Sidiki Bakaba au patrimoine culturel ivoirien.
Il convient cependant de préciser que les éléments concernant la propriété, l’occupation ou le statut juridique des différents biens concernés doivent être établis individuellement par les documents officiels et les autorités compétentes.
3. AU-DELÀ DE LA RESTITUTION : TRANSMETTRE UN HÉRITAGE
La démarche engagée autour de Sidiki Bakaba entend dépasser la seule question patrimoniale.
Elle souhaite également poser une question fondamentale : comment transformer l’expérience et l’héritage des grandes figures de la culture ivoirienne en instruments de formation et d’insertion pour la jeunesse ?
C’est dans cette perspective qu’est présenté un projet-programme cinématographique et culturel porté notamment par Babiwood Académie, en collaboration avec des acteurs et partenaires du monde culturel.
L’ambition est de créer progressivement un réseau décentralisé permettant aux jeunes d’accéder à la création cinématographique et artistique depuis leurs territoires.
4. UN PROJET DE CINÉMATHÈQUES MUNICIPALES
L’un des axes majeurs du programme consiste à promouvoir l’implantation et l’institutionnalisation de Cinémathèques municipales sur le territoire ivoirien.
Ces espaces auraient plusieurs fonctions :
– conservation et valorisation des œuvres cinématographiques et audiovisuelles
– projection d’œuvres ivoiriennes, africaines et internationales
– découverte du patrimoine cinématographique par les jeunes générations
– organisation d’ateliers de formation et d’initiation
– rencontres entre professionnels, étudiants, artistes et populations
– accompagnement des jeunes créateurs
– constitution progressive d’archives audiovisuelles locales
– développement de l’éducation à l’image et aux métiers de la culture.
L’objectif est de faire du cinéma non seulement un divertissement, mais également un instrument de mémoire, d’éducation et de développement culturel.
5. DES FESTIVALS DE COURTS-MÉTRAGES AU PLUS PRÈS DES POPULATIONS
Le projet prévoit parallèlement l’organisation de festivals consacrés aux films courts de moins de vingt minutes, avec une implantation territoriale progressive à travers les communes et sous-préfectures de Côte d’Ivoire.
Ces manifestations permettraient aux jeunes réalisateurs, scénaristes, comédiens et techniciens de produire et présenter leurs premières œuvres.
Chaque territoire pourrait ainsi devenir un espace d’expression et de découverte de nouveaux talents.
L’enjeu est également de sortir la création audiovisuelle d’une concentration exclusive dans les grandes métropoles et d’offrir aux jeunes des différentes régions la possibilité de raconter leurs réalités, leurs traditions, leurs aspirations et leur vision de la société.
6. DES FESTIVALS DE MOYENS-MÉTRAGES À L’ÉCHELLE DES DISTRICTS
Un deuxième niveau du programme prévoit des festivals de films de moyen métrage, d’une durée indicative de trente à quarante-cinq minutes, organisés à l’échelle des districts.
Ces rendez-vous pourraient constituer une étape supérieure permettant aux œuvres et aux talents révélés localement de bénéficier d’une plus grande visibilité.
Le dispositif aurait ainsi vocation à créer une véritable progression :
création locale sélection territoriale festivals formation professionnalisation production et diffusion.
7. L’INSERTION ET LA RÉINSERTION DES JEUNES PAR LES ŒUVRES DE L’ESPRIT
La dimension sociale constitue l’un des piliers essentiels du projet.
L’ambition est d’utiliser la création culturelle comme instrument d’insertion et de réinsertion des jeunes, notamment par l’apprentissage, la pratique et la production d’œuvres de l’esprit.
Le programme ne se limite donc pas au cinéma.
Il entend également ouvrir des espaces aux disciplines telles que :
le théâtre, le conte, la narration, l’humour, la chorégraphie, le slam, le Rap Ivoire, l’artisanat et différentes formes d’arts visuels et vivants.
La philosophie du projet repose sur une conviction : la création peut devenir un moyen d’apprentissage, de responsabilisation, d’expression personnelle et, à terme, de professionnalisation.
Un jeune auteur, comédien, réalisateur, monteur, technicien, danseur, slameur ou artisan doit pouvoir envisager son talent comme une compétence susceptible d’être développée et valorisée.
8. UN PROJET OUVERT AUX PARTENARIATS
Le projet est présenté par ses promoteurs comme une initiative appelée à fédérer différents partenaires institutionnels, culturels et privés.
Babiwood Académie et les structures associées souhaitent notamment établir des relations avec les collectivités territoriales, ministères, représentations diplomatiques, organisations culturelles et institutions internationales susceptibles d’accompagner certains volets du programme.
Les promoteurs mentionnent également l’implication ou le rapprochement envisagé avec différents acteurs culturels et partenaires internationaux, dont Jacques Rivkine, présenté comme mécène suisse du cinéma africain, ainsi qu’avec des réseaux liés au dialogue interculturel et à la Francophonie.
Pour toute présentation institutionnelle définitive, la nature exacte de chacun de ces partenariats — soutien, collaboration, accord formel, parrainage ou partenariat envisagé — devra être précisée et accompagnée des documents correspondants.
9. UNE CAMPAGNE DE LETTRES-MISSIVES AUX INSTITUTIONS
Dans le cadre du lancement du programme, une campagne institutionnelle de lettres-missives et de présentation du projet est envisagée.
Ces correspondances ont vocation à être adressées notamment :
aux mairies et collectivités territoriales
aux ministères concernés
aux ambassades et représentations diplomatiques
aux organismes culturels
aux institutions de formation
aux partenaires privés
ainsi qu’aux représentations d’organisations internationales.
L’objectif est de présenter officiellement le projet, rechercher des partenariats et identifier les territoires susceptibles d’accueillir les premières expérimentations.
10. DEUX DÉMARCHES À DISTINGUER MAIS UNE MÊME VOLONTÉ DE TRANSMISSION
Le Comité de soutien souhaite que deux dimensions du dossier restent clairement identifiées.
La première concerne les revendications relatives aux biens de Sidiki Bakaba et les démarches entreprises afin que les institutions compétentes puissent examiner et, le cas échéant, régler définitivement cette situation.
La seconde concerne l’avenir : la transmission du patrimoine culturel et artistique aux jeunes générations à travers les cinémathèques, les festivals, la formation et la création.
Le projet-programme entend donc inscrire l’héritage de Sidiki Bakaba dans une dynamique tournée vers la jeunesse et vers la construction d’un écosystème culturel durable.
11. UNE AMBITION : FAIRE ÉMERGER LES TALENTS DEPUIS LES TERRITOIRES
À terme, l’ambition est de contribuer à créer un maillage culturel permettant à un jeune vivant loin des grands centres urbains d’accéder lui aussi à la formation, à la création et à la diffusion.
La cinémathèque municipale deviendrait un lieu de mémoire mais également un laboratoire.
Le festival deviendrait une scène d’expression.
La formation deviendrait une passerelle vers les métiers.
Et la création artistique pourrait devenir, pour certains jeunes, un véritable instrument d’insertion économique et sociale.
C’est précisément dans cette articulation entre mémoire, patrimoine, jeunesse, création et développement territorial que le projet souhaite inscrire son action.
12. APPEL AUX AUTORITÉS, AUX INSTITUTIONS ET AUX ACTEURS CULTURELS
Les promoteurs du programme souhaitent aujourd’hui informer officiellement l’opinion publique, les autorités ivoiriennes, les collectivités territoriales, les représentations diplomatiques, les institutions internationales ainsi que les acteurs culturels et économiques de cette initiative.
Ils souhaitent ouvrir une phase de dialogue et de concertation permettant d’étudier sa faisabilité, son cadre juridique, son financement et les modalités d’une éventuelle expérimentation dans plusieurs collectivités pilotes.
L’objectif est de transformer progressivement cette ambition en un programme structuré, mesurable et durable au service de la culture et de la jeunesse ivoiriennes.
CONCLUSION
Le dossier Sidiki Bakaba se situe ainsi à la rencontre de la mémoire et de l’avenir.
La question de ses biens demeure portée par son Comité de soutien et nécessite un traitement fondé sur les faits, les pièces juridiques disponibles et les décisions des institutions compétentes.
Mais parallèlement à cette démarche, une autre ambition se dessine : faire de l’immense expérience culturelle accumulée par Sidiki Bakaba et par d’autres professionnels des arts un héritage transmissible à la jeunesse.
Cinémathèques municipales, festivals de courts et moyens métrages, formation artistique, création locale, conservation du patrimoine audiovisuel et insertion des jeunes constituent les principaux axes de cette vision.
Il ne s’agit donc plus uniquement de préserver la mémoire d’un homme de culture.
Il s’agit aussi de réfléchir à la manière dont cette mémoire peut contribuer à former les créateurs de demain et à faire émerger une nouvelle génération d’acteurs du cinéma et des arts en Côte d’Ivoire.
Pour le Comité de soutien et le Fan Club de Sidiki Bakaba
Lobad De Lakota
Porte-parole
Cinéaste – Scénariste
Chargé de projets à Babiwood Académie
Objet de la démarche : information de l’opinion publique, présentation institutionnelle du projet-programme, recherche de partenariats et accompagnement des initiatives de transmission culturelle et d’insertion de la jeunesse.
Références:
Connection Ivoirienne: « Sidiki Bakaba : quinze ans après la crise de 2011, le combat pour la restitution de ses biens se poursuit »
Afrikipresse: Interview de Lobad De Lakota, porte-parole du Comité de soutien : « Les biens de Sidiki Bakaba doivent lui être restitués »
W. Thomas, 28/09/2026 – Ivorian.Net





