Uranium de Dasa: la souveraineté nigérienne face aux capitaux étrangers

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Uranium de Dasa: la souveraineté nigérienne face aux capitaux étrangers

Dernère mise à jour -

Au Niger, le projet d’uranium de Dasa, dans la région d’Agadez, pourrait bénéficier d’un financement américain pouvant atteindre 414,2 millions de dollars. Une somme considérable pour une mine détenue à 80 % par le canadien Global Atomic, alors que Niamey revendique depuis 2023 une reprise en main de ses ressources minières.

414 millions de dollars américains pour Dasa
Le 16 septembre 2026, l’agence publique américaine U.S. International Development Finance Corporation (DFC) a donné son feu vert à un prêt pouvant atteindre 414,2 millions de dollars pour financer la mine de Dasa. Mais ce financement reste soumis à plusieurs conditions avant que l’argent puisse être versé.
Global Atomic doit notamment sécuriser une voie d’exportation pour l’uranium, prolonger sa convention et son permis miniers et conclure plusieurs accords avec l’État nigérien et la DFC.
Le projet reste largement contrôlé depuis l’étranger : Global Atomic possède 80 % de la Société des mines de Dasa (SOMIDA), contre 20 % pour l’État nigérien. Son coût total est désormais estimé à 777,2 millions de dollars. La société vise une mise en service au second semestre 2028.

Tiani soutient le projet canadien
Le général Abdourahamane Tiani a reçu le PDG de Global Atomic, Stephen Roman, le 18 mai à Niamey. Selon l’Agence nigérienne de presse, ce dernier avait alors déclaré avoir reçu l’assurance du « soutien de l’État du Niger » pour accélérer la mise en production.
Il indiquait également que le site employait plus de 700 personnes, dont 95 % de Nigériens.

SOMAÏR nationalisée, Dasa préservée
Le traitement réservé à Dasa contraste avec celui de la SOMAÏR. En juin 2025, les autorités ont décidé de nationaliser cette société exploitant l’uranium à Arlit, jusque-là détenue majoritairement par le français Orano. Niamey accusait notamment le groupe français d’avoir capté une part jugée disproportionnée de la production. Orano conteste la mesure et a engagé des procédures internationales.
Dasa montre ainsi les limites concrètes d’une souveraineté minière fondée uniquement sur la propriété des actifs. Pour exploiter ses réserves, le Niger doit aussi mobiliser plusieurs centaines de millions de dollars, des technologies et des débouchés commerciaux. Dans ce projet stratégique, ces moyens restent largement apportés de l’extérieur.
La question est désormais de savoir quelle part des revenus, des emplois et de la valeur créée par Dasa restera effectivement au Niger.

F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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