Minerais critiques africains: la Chine devant, l’Amérique à la relance

0
14
Minerais critiques africains: la Chine devant, l'Amérique à la relance

Dernère mise à jour -

La rivalité entre la Chine et les États-Unis pour les minerais critiques africains s’intensifie en 2026. Cobalt, cuivre, lithium ou manganèse : l’Afrique concentre près de 30 % des réserves mondiales, mais n’en tire qu’environ 10 % de la valeur. Deux puissances se disputent son sous-sol ; dans les deux modèles, la transformation reste ailleurs. Un piège qui concerne aussi Abidjan.

La Chine a verrouillé la transformation
La Chine ne se contente pas d’extraire : elle contrôle plus de la moitié de la production mondiale et environ 87 % du raffinage. C’est là, au stade de la transformation, que se crée l’essentiel de la richesse et cette étape reste en Chine. Cette avance est aussi une arme : Pékin restreint ses exportations vers ses rivaux et soumet à licence les produits contenant la moindre part chinoise. Le contrat Sicomines signé en RDC en 2008 en dit long : les partenaires chinois y détiennent 68 % de la coentreprise, au point que Kinshasa a été qualifiée de partenaire junior chez elle. Pékin verrouille aussi l’amont, rachetant mine après mine, du cuivre botswanais au lithium malien.

Les États-Unis forcent le passage
Face à ce verrou, Washington accélère, tardivement. Les États-Unis combinent financement, corridor de Lobito et stock stratégique pour desserrer la mainmise chinoise. Mais l’offensive américaine sert d’abord ses propres chaînes d’approvisionnement : la RDC, premier producteur mondial de cobalt, a proposé aux investisseurs américains une liste d’actifs publics, tandis que Washington brandit tarifs douaniers et prix planchers pour réorienter les flux à son avantage.

Côte d’Ivoire : le risque de rester une carrière
Vu d’Abidjan, la leçon est claire : que le partenaire soit chinois ou américain, le minerai brut part se transformer ailleurs. La Côte d’Ivoire, huitième producteur mondial de manganèse, multiplie les permis pour le lithium, le nickel et le cobalt. Mais le secteur minier ne pèse encore qu’un peu plus de 4 % de son PIB. L’Agence internationale de l’énergie chiffre à près de 50 milliards de dollars les investissements que l’Afrique pourrait capter d’ici 2040 : à condition, justement, de transformer sur place.
Entre Pékin et Washington, l’Afrique de l’Ouest restera-t-elle la carrière des autres, ou deviendra-t-elle enfin l’usine de son propre sous-sol ?

F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici