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L’opposition conduite par les sociaux-démocrates arrive de justesse en tête des élections législatives organisées dimanche 13 septembre 2026 en Suède. Selon les résultats provisoires, elle disposerait de 176 sièges sur les 349 que compte le Riksdag, contre 173 pour les partis soutenant la majorité sortante. Un écart extrêmement réduit qui ouvre la voie à d’intenses négociations politiques.
Avec 28,1 % des suffrages, le Parti social-démocrate (S) demeure largement la première formation politique du pays. Dirigé par l’ancienne Première ministre Magdalena Andersson, il obtiendrait 100 députés. Le parti de centre gauche recule néanmoins par rapport aux élections de 2022, lors desquelles il avait recueilli 30,3 % des voix et remporté 107 sièges.
« Je suis prête à gouverner le pays », a déclaré Magdalena Andersson à l’issue d’une nuit électorale riche en rebondissements. Âgée de 59 ans, la dirigeante sociale-démocrate espère retrouver la tête du gouvernement, quatre ans après avoir quitté le pouvoir.
Les Modérés repassent devant l’extrême droite
Le Parti modéré (M) du Premier ministre sortant Ulf Kristersson reprend la deuxième place avec 19,9 % des suffrages et 70 sièges. Cette formation de centre droit progresse légèrement et devance désormais les Démocrates de Suède (SD).
Avec environ 17,5 % des voix et 62 députés, SD enregistre le premier véritable coup d’arrêt de son histoire parlementaire. Le parti d’extrême droite perd près de trois points et 11 sièges. Depuis son entrée au Riksdag en 2010, il avait pourtant progressé lors de chaque élection législative.
Ce recul constitue la principale évolution du scrutin. Les gains enregistrés par les Modérés, les Chrétiens-démocrates et les Libéraux ne suffisent pas à compenser les pertes de leur allié d’extrême droite.
La répartition provisoire des sièges se présente ainsi :
• Parti social-démocrate : 100 sièges ;
• Modérés : 70 sièges ;
• Démocrates de Suède : 62 sièges ;
• Parti de gauche : 29 sièges ;
• Parti du centre : 25 sièges ;
• Chrétiens-démocrates : 22 sièges ;
• Verts : 22 sièges ;
• Libéraux : 19 sièges.
Une Suède politiquement divisée entre le nord et le sud
La première place des sociaux-démocrates à l’échelle nationale se confirme dans les territoires. Le parti arrive en tête dans 28 des 29 circonscriptions du pays, avec une domination particulièrement forte dans le nord.
Dans les comtés de Västerbotten et de Norrbotten, la formation de Magdalena Andersson recueille respectivement 37,2 % et 37,8 % des suffrages. Elle y obtient trois des huit sièges fixes, davantage que chacune de ses concurrentes.
Le rapport de force est beaucoup plus serré dans le sud de la Suède. Dans plusieurs circonscriptions, les Démocrates de Suède rivalisent directement avec les sociaux-démocrates. Dans le nord-est de la Scanie, le parti d’extrême droite arrive même en tête avec 27,4 % des voix.
Une avance qui ne garantit pas le pouvoir
La courte majorité de 176 sièges ne garantit toutefois pas le retour de Magdalena Andersson au poste de Première ministre. Les quatre formations actuellement rangées dans le camp de l’opposition — sociaux-démocrates, Verts, Parti de gauche et Parti du centre — ne constituent pas une alliance politiquement homogène.
Les divergences sont particulièrement importantes entre le Parti de gauche et le Parti du centre, notamment sur les questions économiques, fiscales et sociales. Pour gouverner, Magdalena Andersson devra donc parvenir à rapprocher des formations dont les programmes et les lignes rouges restent parfois difficilement conciliables.
Ulf Kristersson n’a, pour sa part, pas encore reconnu sa défaite. Le Premier ministre sortant cherche à élargir ses soutiens et a déjà adressé des ouvertures aux centristes, susceptibles de jouer un rôle décisif dans la formation du prochain gouvernement.
En Suède, le Premier ministre n’a pas besoin de réunir une majorité absolue en sa faveur : il doit surtout éviter qu’une majorité des députés vote contre sa nomination. Cette règle de « parlementarisme négatif » laisse la porte ouverte à plusieurs combinaisons.
Le décompte demeure provisoire. Les votes anticipés arrivés tardivement et ceux exprimés depuis l’étranger doivent encore être comptabilisés, tandis que le résultat définitif devrait être établi environ une semaine après le scrutin. Avec seulement trois sièges d’écart entre les deux camps, la prudence reste donc de mise.
Une chose paraît déjà certaine : quel que soit le résultat définitif, la Suède s’engage dans une période de négociations longues et difficiles avant de connaître le visage de son prochain gouvernement.
Sources : résultats provisoires relayés par SVT et procédure de dépouillement précisée par l’Autorité électorale suédoise.
W. Thomas, 15/09/2026 – Ivorian.Net






