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Alger a déployé des avions de combat au Niger le 30 août 2026 et s’apprête à relancer, les 9 et 10 septembre à Bamako, sa coopération avec le Mali. Deux gestes qui illustrent le retour offensif de l’Algérie dans un Sahel où son influence est désormais disputée.
Un déploiement exceptionnel à Niamey
Le 30 août, quatre chasseurs Su-30, un avion ravitailleur et un appareil de transport algériens ont été déployés à Niamey. Un engagement militaire extérieur exceptionnel pour Alger, au lendemain de la mutinerie survenue à la base aérienne 101.
Les autorités nigériennes ont affirmé avoir repris le contrôle de la base avec l’appui de forces loyalistes et de militaires russes de l’Africa Corps. Alger présente officiellement son intervention comme un soutien à l’armée nigérienne face à une « tentative de déstabilisation ».
Le geste marque néanmoins une évolution notable. Depuis 2020, la Constitution algérienne permet l’envoi d’unités militaires à l’étranger, après approbation des deux tiers des deux chambres du Parlement.
Avec Bamako, le dégel après la rupture
Les 9 et 10 septembre, Bamako doit accueillir la 13e Grande Commission mixte algéro-malienne, suspendue depuis 2016. Le rapprochement s’est accéléré le 24 août avec la visite à Alger du Premier ministre malien Abdoulaye Maïga.
Le contraste est important. En janvier 2024, Bamako avait dénoncé l’accord de paix d’Alger. En avril 2025, la destruction d’un drone malien près de Tinzaouten avait provoqué une grave crise diplomatique, Alger et Bamako donnant des versions opposées de l’incident.
Une influence disputée au Sahel
Longtemps acteur diplomatique majeur au Sahel, l’Algérie voit désormais son espace d’influence concurrencé. Les régimes de l’AES ont renforcé leurs relations avec Moscou, tandis que le Maroc développe son Initiative atlantique, un projet lancé par Rabat pour offrir aux États sahéliens enclavés un accès aux ports et aux infrastructures de la façade atlantique marocaine, afin de faciliter leurs échanges commerciaux et leur ouverture maritime.
Alger multiplie donc les gestes vers Niamey : reprise des relations diplomatiques, don de quatre hélicoptères militaires en août, puis déploiement des Su-30. Plus qu’un simple rapprochement bilatéral, cette séquence montre que l’Algérie cherche à préserver sa place dans un Sahel devenu le théâtre d’une compétition croissante entre puissances régionales et partenaires extérieurs.
F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info






