Niamey: une nuit aux allures de coup d’État

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Niamey: une nuit aux allures de coup d'État

Dernère mise à jour -

Dans la nuit du 28 au 29 août 2026, des tirs nourris et des explosions ont secoué plusieurs quartiers de Niamey, visant la base aérienne 101, les abords de l’aéroport international et la zone du palais présidentiel. Après des heures de silence, le ministère de la Défense a fini par évoquer un groupe de soldats « en rupture avec le règlement militaire », assurant avoir repris le contrôle des sites.

Une nuit de combats au cœur de la capitale
Peu après minuit, des détonations et des rafales à l’arme lourde ont éclaté autour de la base 101, qui jouxte l’aéroport international Diori-Hamani. Les échanges de tirs se sont poursuivis une partie de la matinée avant un retour au calme. Trois sites ont été visés presque simultanément : la base aérienne, la télévision nationale et le secteur du palais présidentiel. Une telle configuration évoque davantage une tentative de prise de pouvoir qu’un simple raid extérieur.

Un pouvoir d’abord muet, puis embarrassé
Pendant de longues heures, le régime militaire s’est muré dans le silence. Le signal de la télévision publique a été coupé, privant la population de toute version officielle. Le paradoxe est saisissant : un appareil d’État qui a fait du petit écran son principal instrument de gouvernement s’est retrouvé sans voix au moment décisif. Quand le communiqué est enfin tombé, il n’a pas désigné un ennemi venu de l’extérieur, mais bien un groupe de ses propres soldats, accusés d’avoir séquestré leurs camarades.

L’étranger, ce coupable trop commode
La rupture est là, et elle est parlante. En janvier déjà, après l’attaque de l’aéroport de Niamey, le chef de la junte avait publiquement accusé des dirigeants étrangers d’en être les commanditaires, sans jamais produire la moindre preuve. Ce réflexe, pointer des mains extérieures plutôt que d’interroger ses propres failles, s’est cette fois heurté à une réalité gênante : la menace montait de l’intérieur de la caserne.

Trois ans de promesses non tenues
Le putsch de juillet 2023 s’était justifié au nom de la sécurité. Depuis, la dégradation est sans précédent. L’aéroport de la capitale a été frappé deux fois en 2026, en janvier puis en juin, cette dernière attaque faisant onze soldats et deux civils tués. Une armée qui finit par se retourner contre elle-même en dit long sur l’état réel du pouvoir.
Combien de temps encore Niamey pourra-t-il désigner l’étranger, pendant que le feu couve dans ses propres rangs ?

F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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