Énergie nucléaire en mer: l’AIEA lance l’initiative mondiale ATLAS

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AIEA -Énergie nucléaire en mer: l’AIEA lance l’initiative mondiale ATLAS

Dernère mise à jour -

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a lancé ATLAS, une nouvelle initiative internationale destinée à encadrer et à accompagner le développement de l’énergie nucléaire dans le transport maritime civil et les centrales nucléaires flottantes. Vingt-cinq pays se sont déjà engagés à soutenir cette démarche, qui pourrait ouvrir une nouvelle ère pour les applications civiles du nucléaire en mer.
Face à l’intérêt croissant pour les navires à propulsion nucléaire et les centrales nucléaires flottantes, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) veut renforcer la coopération entre les secteurs nucléaire et maritime.
C’est dans cette perspective qu’elle a lancé ATLAS — Atomic Technologies Licensed for Applications at Sea, une initiative mondiale consacrée à l’utilisation sûre, sécurisée et pacifique des technologies nucléaires en mer.
Le lancement intervient à l’occasion d’un forum international de haut niveau organisé pendant deux jours à Washington D.C., aux États-Unis. L’événement rassemble environ 600 participants issus de plus de 50 pays, ainsi que des représentants d’organisations internationales, de l’industrie nucléaire, du secteur maritime et des autorités portuaires.

Le nucléaire face aux besoins croissants du transport maritime
Le transport maritime représente environ 80 % du commerce mondial et la demande de transport de marchandises par voie maritime continue de progresser d’environ 2 % par an.
Dans ce contexte, l’industrie cherche des solutions capables d’assurer des transports sur de longues distances tout en renforçant la sécurité énergétique.
L’énergie nucléaire pourrait constituer l’une de ces solutions. Les nouvelles générations de réacteurs, notamment les petits réacteurs modulaires (SMR), disposent d’une forte densité énergétique et pourraient offrir aux navires une autonomie importante, leur permettant de fonctionner pendant de longues périodes sans ravitaillement en combustible.
Les applications envisagées concernent notamment les porte-conteneurs, vraquiers, pétroliers, navires de croisière, brise-glaces et navires de soutien aux activités offshore.
Les centrales nucléaires flottantes pourraient également fournir de l’électricité et de la chaleur aux communautés côtières ou isolées, mais aussi contribuer au dessalement de l’eau et à l’approvisionnement énergétique des ports et des installations industrielles offshore.
Selon les perspectives présentées lors du forum, certains concepts de technologies nucléaires maritimes pourraient être prêts à être déployés dès les années 2030.
Rafael Mariano Grossi : « ATLAS est lancé précisément au bon moment »
Pour le directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi, le développement du nucléaire pourrait constituer un tournant pour le secteur maritime.
« ATLAS est lancé précisément au bon moment », a-t-il déclaré à l’ouverture du forum.
Selon lui, le rapprochement des secteurs nucléaire et maritime offre l’occasion de façonner l’avenir de deux industries essentielles, l’énergie et le transport maritime, tout en renforçant la confiance internationale dans l’utilisation pacifique et sécurisée du nucléaire en mer.

25 pays s’engagent dans l’initiative
Dans une déclaration conjointe publiée à l’occasion du lancement, 25 pays ont annoncé leur engagement en faveur d’ATLAS, qu’ils présentent comme une première étape vers une transformation profonde de l’industrie nucléaire maritime civile.
Les États participants soulignent notamment la nécessité d’une collaboration internationale afin d’établir des règles communes concernant la sûreté, la sécurité, les garanties nucléaires et la réglementation des futures applications civiles du nucléaire en mer.
Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a également estimé que cette coopération internationale pourrait rapprocher l’énergie nucléaire offshore et la propulsion nucléaire maritime d’une véritable exploitation commerciale.
Six groupes d’experts pour préparer le cadre international
Après son lancement, ATLAS entrera dans une phase opérationnelle avec la création de six groupes de projet composés d’experts issus des États, de l’industrie et d’autres parties prenantes.
Ils travailleront notamment sur les questions de sûreté, de sécurité, de garanties internationales et de réglementation, tout en étudiant les différents scénarios de déploiement des navires à propulsion nucléaire et des centrales nucléaires flottantes.
L’objectif est de mettre progressivement en place un cadre international capable d’accompagner le développement de ces nouvelles technologies.
Le forum doit également permettre aux gouvernements, aux régulateurs et aux industriels d’identifier les infrastructures, les partenariats et les mécanismes de coopération nécessaires à leur déploiement.
Le NS Savannah, symbole d’une histoire déjà ancienne
Au deuxième jour de la rencontre, les participants doivent se rendre au port de Baltimore pour visiter le NS Savannah, considéré comme le premier navire marchand civil à propulsion nucléaire au monde.
Son réacteur avait commencé à fonctionner en 1962.
Plus de six décennies plus tard, les progrès réalisés dans la conception des réacteurs, les combustibles nucléaires et l’ingénierie maritime remettent la propulsion nucléaire civile au cœur des réflexions sur l’avenir du transport maritime.
Avec ATLAS, l’AIEA entend désormais réunir États, industriels et autorités de réglementation autour d’un défi commun : déterminer comment exploiter le potentiel de l’énergie nucléaire en mer tout en intégrant, dès la conception des projets, les exigences internationales de sûreté, de sécurité et d’utilisation pacifique du nucléaire.
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La rédaction
Source: AIEA

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