Cacao: quatre pays africains créent une alliance à Abuja

0
93

Dernère mise à jour -

Réunis le 14 juillet 2026 à Abuja, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun ont lancé une alliance pour la valorisation du cacao. Objectif affiché : transformer davantage de fèves sur place et négocier d’une seule voix face aux nouvelles règles européennes de traçabilité.

Une alliance née du sommet « From Bean to Brand »
Les quatre premiers producteurs africains ont officialisé la Cocoa Value Addition Alliance, traduite en français par Alliance pour la valorisation du cacao. Ensemble, ils fournissent environ 75 % de la production mondiale de fèves.
Pour le ministre d’État nigérian chargé de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement, John Ewan Eno, l’alliance doit permettre aux producteurs de parler d’une seule voix sur la traçabilité, la durabilité et les exigences imposées aux exportations. Jusqu’ici, estime-t-il, chaque pays négociait séparément, ce qui affaiblissait la défense des intérêts communs.

Moins de 10 % de la valeur du chocolat
Le directeur général du Ghana Cocoa Board, Ransford Abbey, a rappelé un déséquilibre connu des planteurs de Daloa (Côte d’Ivoire) comme de ceux d’Ondo (Nigéria) : l’Afrique fournit entre 75 % et 77 % du cacao mondial, mais capte moins de 10 % de la valeur générée par l’industrie du chocolat.

Il a aussi évoqué la volatilité des cours. Après un pic supérieur à 11 000 dollars la tonne fin 2024, les prix ont reculé, conduisant Abidjan et Accra à revoir à la baisse les prix garantis aux producteurs.

Le règlement européen en ligne de mire
L’alliance devra se positionner rapidement sur le règlement européen sur la déforestation, applicable à partir du 30 décembre 2026. L’Union européenne, qui absorbe environ 60 % des importations mondiales de cacao, exigera une traçabilité complète des fèves.
Les quatre pays veulent faire reconnaître leurs systèmes nationaux de traçabilité et éviter que les coûts de conformité ne retombent sur les petits planteurs. À ce stade, aucun mécanisme de contrôle de la production ou des exportations n’est prévu : l’alliance n’est pas un cartel.

Elle prolonge l’Initiative cacao Côte d’Ivoire-Ghana, lancée en 2018, dont les résultats sont restés limités. Le mois dernier, Alassane Ouattara et John Mahama s’étaient retrouvés à Abidjan pour réaffirmer cette coopération.
Cette fois, la voix commune sera-t-elle assez forte pour peser sur le prix bord champ ?

F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici