Cameroun: Yaoundé cible les opérateurs chinois de l’orpaillage

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Dernère mise à jour -

Le 30 juin 2026, le ministère camerounais des Mines a retiré 53 permis de recherche d’or. Dernier acte d’une reprise en main lancée en avril dans l’Est et l’Adamaoua, où Yaoundé a recensé environ 200 sociétés d’orpaillage illégal, plus de 95 % d’entreprises étrangères, une liste officielle largement occupée par des opérateurs dirigés par des ressortissants chinois.

Deux cents sociétés illégales, 95 % d’étrangères
Le 13 mai 2026, le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt) a publié la liste et la localisation de ces opérateurs non conformes, sommés d’arrêter sans délai et de démanteler leurs unités de traitement de graviers aurifères. Africa Defense Forum relève que beaucoup sont dirigés par des ressortissants chinois. Le procédé est connu : des partenariats de façade avec de petites coopératives locales permettent de contourner l’obligation de permis. Pendant ce temps, entre 2021 et 2025, Dubaï enregistrait 44 tonnes d’or venues du Cameroun ; Yaoundé en déclarait 148 kilogrammes.

Le ministère durcit, l’ambassade de Chine gagne une semaine
« L’ère de l’exploitation frauduleuse de l’or au Cameroun est terminée », annonçait le Minmidt le 4 avril 2026. Rouvrir un site suppose désormais trois choses : déclarer un seuil minimal de production, passer au lavage en vase clos sous six moise et verser une caution de remise en état de 63 millions de FCFA. Le principe est simple : rendre l’or mesurable à la sortie, donc taxable. Dès mars, le ministre par intérim Fuh Calistus Gentry menait des descentes avec policiers et militaires — équipements saisis et véhicules immobilisés sur des sites qui avaient ignoré l’ordre de fermeture. Le 9 avril, les responsables des sociétés chinoises de l’Est étaient convoqués pour se voir rappeler ces règles. Reçu à Yaoundé, le conseiller politique de l’ambassade de Chine, Li Jiang Hua, a réaffirmé le soutien de Pékin à l’assainissement. Le ministère lui a accordé une semaine supplémentaire pour « sensibiliser » ses compatriotes en infraction. Deux ans et demi après l’entrée en vigueur du Code minier, l’application de la loi camerounaise attend encore le calendrier d’une ambassade étrangère.

Du Gabon à la Côte d’Ivoire, le même schéma
Au Gabon, l’opération Ekura a interpellé 55 personnes du 15 au 19 juin à Etéké, dont 28 Chinois ; Libreville a suspendu toute petite mine d’or le 22 juin. Au Mali, le JNIM rançonne ces mêmes exploitants. En Côte d’Ivoire, l’orpaillage clandestin pollue déjà les fleuves.
Combien d’États faudra-t-il avant que le respect du code minier cesse d’être négociable ?

F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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