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La Côte d’Ivoire est en deuil à la suite du décès de Émile Constant Bombet à l’âge de 85 ans, ancien ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, dernier titulaire de ce portefeuille sous la présidence du Père de la Nation, Félix Houphouët-Boigny, et coordonnateur des activités des vice-présidents du PDCI-RDA.
Avec sa disparition, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) perd l’un de ses plus fidèles serviteurs, un homme dont le parcours a profondément marqué la vie politique nationale. Reconnu pour sa loyauté envers son parti, son engagement constant et ses remarquables talents d’orateur, Émile Constant Bombet laisse derrière lui l’image d’un responsable politique ayant consacré une grande partie de sa vie au service de l’État et de son parti.
Un acteur majeur de l’État ivoirien
Émile Constant Bombet a occupé les fonctions de ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation au sein des gouvernements dirigés par Daniel Kablan Duncan entre 1993 et 1999. Durant cette période, il a conduit une politique de fermeté dans la gestion des affaires de l’État et joué un rôle stratégique dans la campagne présidentielle du PDCI-RDA.
Proche du président Henri Konan Bédié après le décès de Félix Houphouët-Boigny, il s’est imposé comme l’une des personnalités les plus influentes du parti, au point d’être considéré par certains observateurs comme l’un des héritiers politiques potentiels de l’œuvre du premier président ivoirien.
Une carrière marquée par les turbulences politiques
Le coup d’État du 24 décembre 1999, qui renversa le président Henri Konan Bédié, bouleversa son parcours. En 2002, Émile Constant Bombet fut emprisonné dans le contexte des événements politiques ayant suivi ce changement de régime.
Sous la présidence du général Robert Gueï, il fut également cité dans l’affaire dite des 18 milliards de l’Union européenne, une accusation dont il sera finalement innocenté en 2001.
Sa popularité grandissante alimenta les spéculations autour d’une éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2000. Toutefois, cette candidature fut invalidée. Contraint à l’exil au Bénin puis en France entre 2000 et 2004, il se fit plus discret sur la scène politique nationale.
Des ambitions présidentielles contrariées
Au fil des années, son nom continua de circuler dans le débat politique ivoirien. Certains médias évoquèrent un rapprochement avec le mouvement PDCI Vision Nouvelle, sans que celui-ci ne présente finalement de candidat à l’élection présidentielle de 2010.
En 2020, Émile Constant Bombet manifesta à nouveau son ambition de briguer la magistrature suprême. Sa candidature ne fut cependant pas retenue par les autorités compétentes, au motif qu’elle ne remplissait pas les conditions constitutionnelles relatives à la « bonne moralité et à la grande probité ».
Un héritage politique
Au-delà des controverses et des épreuves qui ont jalonné son parcours, Émile Constant Bombet restera dans les mémoires comme l’un des grands acteurs de la vie politique ivoirienne des trois dernières décennies. Son engagement au sein du PDCI-RDA, son expérience de l’État et son éloquence ont contribué à façonner son image auprès de nombreux militants et observateurs.
Sa disparition constitue une perte importante pour sa famille politique ainsi que pour l’ensemble de la classe politique ivoirienne.
La rédaction





