Football ivoirien: après les Éléphants, Idriss Diallo veut gagner le pari des clubs

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Dernère mise à jour -

Reconduit à la tête de la Fédération ivoirienne de football (FIF), Yacine Idriss Diallo entame un nouveau mandat avec une ambition clairement affichée : transformer les succès sportifs de la Côte d’Ivoire en développement durable du football national. Après la CAN 2023 remportée à domicile et la qualification au Mondial 2026, le chantier prioritaire se déplace désormais vers les clubs, leur professionnalisation et leur autonomie financière.

Le premier mandat de Yacine Idriss Diallo restera associé à l’une des périodes les plus marquantes de l’histoire récente du football ivoirien. Arrivé à la présidence de la FIF en avril 2022 dans un contexte de reconstruction, le dirigeant ivoirien avait promis de rassembler les acteurs du football national et de remettre la discipline sur une dynamique positive. Quatre ans plus tard, le symbole le plus éclatant de ce bilan reste le sacre des Éléphants à la CAN 2023, disputée en Côte d’Ivoire et remportée en février 2024. La qualification de la sélection nationale pour la Coupe du monde 2026 est venue renforcer cette dynamique et replacer la Côte d’Ivoire sur la scène mondiale.

Un premier mandat porté par les résultats sportifs
Sous la présidence d’Idriss Diallo, la FIF ne s’est toutefois pas limitée aux Éléphants. La Fédération a engagé plusieurs actions concernant les championnats nationaux, la formation, le football des jeunes et le développement du football féminin. « Le premier problème qu’on a attaqué était le salaire des joueurs », explique le président de la FIF. La revalorisation des subventions accordées aux clubs a notamment permis, selon lui, d’instaurer un salaire minimum de 160 000 FCFA en Ligue 1 et 100 000 FCFA en Ligue 2. Les compétitions de Ligue 1, Ligue 2 et de troisième division ont également été relancées, parallèlement au renforcement des moyens consacrés aux différentes sélections nationales. Idriss Diallo met également en avant la progression des Éléphants dans la hiérarchie continentale : « Quand nous prenions les rênes, la Côte d’Ivoire était 14e-15e africain. Aujourd’hui, on est la 5e équipe d’Afrique. »

Après la CAN, le défi de la transformation
Seul candidat à sa succession, Yacine Idriss Diallo aborde désormais son nouveau mandat avec une autre priorité. Son projet, baptisé « Transformer pour durer », vise à faire passer le football ivoirien d’une logique de relance à une véritable stratégie de consolidation. La professionnalisation des clubs figure au cœur de cette nouvelle étape. Formation des dirigeants, protection sociale des joueurs, gouvernance, football féminin et recherche de nouvelles ressources constituent les principaux axes annoncés. Mais l’un des défis les plus importants reste l’autonomie financière des clubs ivoiriens. « L’un des piliers, c’est le renforcement de la capacité de nos clubs à mieux s’autogérer et à générer des ressources nouvelles de sorte qu’à l’horizon 2030, ces clubs ne comptent plus uniquement sur les subventions et que celles-ci ne soient qu’une partie de leurs ressources », affirme Idriss Diallo.

Faire de 2030 un tournant pour les clubs ivoiriens
L’objectif est important. Malgré le prestige retrouvé de la sélection nationale, le développement durable du football ivoirien dépendra aussi de la solidité de ses clubs et de ses compétitions locales. La CAN remportée à domicile a suscité un formidable engouement populaire. La qualification pour le Mondial 2026 a prolongé cette dynamique. Mais le véritable héritage de cette période pourrait se mesurer ailleurs : dans la capacité du football ivoirien à construire des clubs économiquement solides, mieux administrés et capables de former puis de conserver davantage de talents. C’est sur ce terrain que le nouveau mandat d’Idriss Diallo pourrait être le plus attendu. Le premier mandat a été couronné par des résultats historiques avec les Éléphants. Le second devra démontrer que ces succès peuvent servir de moteur à une transformation durable de tout l’écosystème du football ivoirien. Après le temps du rassemblement et du retour au sommet, vient donc celui de la consolidation. Et pour Yacine Idriss Diallo, le cap est déjà fixé : faire en sorte que les clubs ivoiriens soient, à l’horizon 2030, moins dépendants des subventions et davantage capables de construire leur propre avenir.

W. Thomas, 13/09/2026 – Ivorian.Net

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