Le pétrole franchit les 100 dollars après les attaques en mer Rouge et secoue les marchés mondiaux

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Dernère mise à jour -

23 juillet 2026 – Le marché pétrolier mondial connaît une nouvelle période de fortes turbulences. Le baril de Brent a dépassé la barre symbolique des **100 dollars**, atteignant **100,64 dollars**, après que les rebelles houthis ont revendiqué des attaques contre deux pétroliers saoudiens en mer Rouge. Cette flambée des prix ravive les inquiétudes des investisseurs quant à une résurgence durable des tensions inflationnistes et à leurs conséquences sur l’économie mondiale.

Le pétrole brut américain (WTI) a également enregistré une progression marquée, grimpant à **91,83 dollars le baril**, soit une hausse de **5,8 %**. Les craintes se concentrent désormais sur le **détroit de Bab el-Mandeb**, par lequel transite environ **7 % de l’approvisionnement mondial en pétrole**, selon Oxford Economics. Cette voie stratégique s’ajoute au **détroit d’Ormuz**, déjà considéré comme un point névralgique pour le commerce énergétique mondial.

Les marchés financiers sous pression

La réaction des marchés financiers a été immédiate. À l’ouverture de Wall Street, le **S&P 500** et le **Dow Jones Industrial Average** ont chacun perdu environ **1 %**, tandis que le **Nasdaq Composite** reculait de **1,8 %**, illustrant les inquiétudes des investisseurs face à une possible aggravation des tensions géopolitiques.

L’inflation de nouveau au cœur des préoccupations

Pour **Nigel Green**, directeur général du groupe de conseil financier international **deVere Group**, cette situation intervient à un moment particulièrement délicat pour la Réserve fédérale américaine (Fed).

« Deux des corridors maritimes les plus fréquentés au monde sont menacés au cours du même mois, et les marchés commencent seulement à mesurer les conséquences de cette situation », explique-t-il.

Selon lui, la flambée des prix du pétrole pourrait rapidement remettre en cause les perspectives d’assouplissement monétaire. Après avoir atteint **4,2 % en mai**, l’inflation américaine avait reculé à **3,5 % en juin**, principalement grâce à la baisse des prix des carburants pendant la brève trêve entre les États-Unis et l’Iran.

« Avec l’effondrement de cette trêve et un pétrole désormais au-dessus des 100 dollars, les conditions qui avaient permis à la Fed d’envisager une politique plus souple pourraient déjà disparaître », estime Nigel Green.

Des secteurs particulièrement vulnérables

L’expert considère que plusieurs secteurs économiques restent sous-estimés face à ce nouveau risque énergétique.

« Les compagnies aériennes et les distributeurs me semblent davantage exposés que ne le reflètent actuellement leurs valorisations boursières », souligne-t-il.

En effet, une hausse durable du prix du carburant augmente directement les coûts d’exploitation des entreprises de transport tout en réduisant le pouvoir d’achat des consommateurs.

Un risque structurel pour l’approvisionnement mondial

Au-delà de la volatilité quotidienne des marchés, Nigel Green estime que la situation révèle un problème plus profond.

La menace simultanée pesant sur les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb remet en question l’hypothèse selon laquelle une route commerciale perturbée pourrait facilement être compensée par une autre. Si ces deux passages stratégiques restent fragilisés, les risques de perturbation durable de l’approvisionnement mondial en pétrole pourraient s’intensifier.

Les investisseurs invités à revoir leurs stratégies

Face à cette nouvelle donne, le dirigeant de deVere Group recommande aux investisseurs de réévaluer leurs anticipations concernant les marchés obligataires.

« Ceux qui ont construit leur portefeuille en pariant sur une baisse prochaine des taux d’intérêt devraient probablement revoir leur stratégie. Nous ne sommes peut-être plus face à une simple flambée temporaire des prix, mais à un véritable retour de la question inflationniste. »

Il rappelle également que les marchés des changes réagissent généralement très rapidement lors de ce type de crise, avec un regain traditionnel de la demande pour le dollar américain considéré comme une valeur refuge.

Une vigilance accrue face aux risques géopolitiques

Nigel Green appelle enfin les investisseurs à envisager un scénario où les tensions continueraient de s’étendre.

« Si une troisième perturbation venait s’ajouter ou si les assureurs réduisaient davantage leur couverture des risques de guerre, le prix du pétrole pourrait grimper bien au-delà des niveaux actuels. Il vaut mieux réfléchir dès maintenant à cette éventualité plutôt que d’y être confronté une fois qu’elle se sera matérialisée. »

Il conclut en rappelant que les mouvements de cette ampleur demeurent relativement rares sur les marchés pétroliers :

« Une hausse de 7 % en une seule séance à la suite d’une attaque confirmée est un événement exceptionnel, même dans des périodes de forte volatilité. C’est précisément ce qui explique la rapidité de la réaction des marchés. »

À propos de deVere Group
deVere Group est l’un des principaux cabinets indépendants de conseil financier au monde. Présent à l’international grâce à un vaste réseau de bureaux, le groupe fournit des solutions financières spécialisées à une clientèle locale et internationale composée de particuliers aisés et de grandes fortunes. Il accompagne aujourd’hui plus de 80 000 clients et supervise plus de 14 milliards de dollars d’actifs sous conseil.

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