Le sens du Trait d’Union entre Houphouët et Gbagbo. Par Dr Ben Zahoui-Dégbou

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Le sens du Trait d’Union entre Houphouët et Gbagbo. Par Dr Ben Zahoui-Dégbou Illustration- (Houphouet-Boigny Félix officiel )

Dernère mise à jour -

Contribution

Le Trait d’Union entre HOUPHOUËT et GBAGBO n’est ni une fusion artificielle de deux pensées politiques opposées, ni une négation de leurs différences historiques et idéologiques. Il est une volonté pour nous de dépasser les antagonismes qui ont longtemps enfermé la Côte d’Ivoire dans la logique du « ou » pour lui proposer la logique du « et ». Le Trait d’Union qui caractérise le Mouvement Trait d’Union HOUPHOUËT-GBAGBO (M.Td’U H-G), signifie ici que l’on peut avoir le pouvoir d’État et utiliser le dialogue comme mode de gouvernance, défendre le multilatéralisme sans renoncer à la souveraineté nationale, rechercher le développement sans abandonner la justice sociale et affirmer l’identité nationale sans céder au repli sur soi.
Houphouët-Boigny et Laurent Gbagbo représentent, dans la vision du Mouvement Trait d’Union (www.houphouet-gbagbo.com), deux expressions différentes dans la recherche d’une solution politique durable aux contradictions internes ivoiriennes. À l’un est principalement associé l’idéal de paix, de dialogue, de compromis et d’ouverture ; à l’autre, la centralité de la discussion, du pluralisme, de la souveraineté et de l’affirmation de la volonté populaire. Le Mouvement Trait d’Union HOUPHOUËT-GBAGBO, ne demande donc pas aux Ivoiriens de choisir entre deux héritages. Il leur propose tout simplement de les mettre « en dialogue » afin d’en dégager une nouvelle synthèse politique au service de la Nation. Le Trait d’Union est ainsi un pont entre les générations, entre les sensibilités politiques, entre les mémoires et entre les différentes composantes de la société ivoirienne.
Il signifie aussi une conviction fondamentale : la Côte d’Ivoire n’a pas vocation à demeurer prisonnière de ses antagonismes politiques ; elle doit transformer ses contradictions en forces de construction nationale. C’est pourquoi le Trait d’Union n’est pas seulement le signe typographique qui relie deux noms. Il est le symbole d’un projet de société avec comme pour fondation deux philosophies.
L’Houphouëtisme : une philosophie de paix, de dialogue et de développement.

L’Houphouëtisme désigne un concept politique ivoirien qui met la paix, le dialogue, la cohésion nationale, l’ouverture au monde et le développement économique au premier plan. Cette philosophie s’appuie sur la pensée et les actions de Félix Houphouët-Boigny, premier Président de la République de Côte d’Ivoire. Elle ne se limite pas à la seule personne du « Père de la Nation » ; elle désigne un ensemble de principes politiques qui ont marqué la construction de l’État ivoirien depuis l’indépendance en 1960. Au centre de l’Houphouëtisme, on trouve la conviction que la paix est la condition première du progrès. La célèbre formule suivante du Président Houphouët-Boigny « La paix n’est pas un vain mot, c’est un comportement » montre très bien que la paix ne se limite pas à l’absence de guerre ou de violence. C’est une attitude politique et sociale qui repose sur la capacité à vivre ensemble, à dialoguer, à rechercher le compromis. Elle exige donc que les conflits politiques ne doivent jamais rompre les liens sociaux au plan national.

Le deuxième fondement de l’Houphouëtisme est le dialogue qui sert à gouverner et à régler les crises. La politique doit rassembler les populations plutôt que de mettre en avant les divisions. L’adversaire politique ne doit pas être un ennemi. La négociation, la médiation, le compromis et le consensus constituent des outils essentiels pour la construction la Nation ivoirienne qui doit reposer sur une vision unitaire : l’intérêt supérieur du pays.

Dans le domaine économique, l’Houphouëtisme place le développement, la modernisation et l’ouverture internationale au cœur de ses priorités. Dans ce sens, la Côte d’Ivoire doit maintenant mettre l’accent sur son industrialisation. Cette vision nécessite une approche pragmatique des relations internationales où la diplomatie reste au service des intérêts de la Nation. En résumé, L’Houphouëtisme est une philosophie politique fondée sur le pragmatisme. Cette doctrine place les résultats concrets avant les débats idéologiques abstraits. Dans cet optique, l’État doit être assez fort pour organiser le développement, et assez rassembleur pour préserver la cohésion sociale.

L’Houphouëtisme place donc la paix au cœur de la Nation, avec le dialogue comme méthode politique, l’unité comme devoir national, le développement comme objectif économique, et l’ouverture comme principe diplomatique. Le Mouvement Trait d’Union HOUPHOUËT-GBAGBO voit l’Houphouëtisme comme le premier pilier d’une nouvelle approche politique ivoirienne. Il veut que la paix et le dialogue soient les conditions de l’unité nationale, de la souveraineté et de la démocratie.

Le Gbagboïsme : une approche de la démocratie et de la souveraineté nationale.

Le Gbagboïsme caractérise la politique ivoirienne. Elle repose sur la souveraineté nationale, la démocratie, la dignité des ivoiriens, la liberté politique, le pluralisme et la capacité de la Côte d’Ivoire à déterminer son propre destin. Cette doctrine puise son inspiration dans la pensée, les combats politiques et les actions de Laurent Gbagbo.

Son premier principe est la souveraineté nationale. Une Nation ne peut construire son avenir que si elle possède la liberté de choisir ses directions politiques, économiques, monétaires et diplomatiques. Elle ne veut pas dire isolement du pays mais veut dire que l’ouverture au monde, doit se faire à partir d’une décision indépendante. Ainsi, la coopération internationale doit reposer sur le respect mutuel et non sur la dépendance.

Le deuxième fondement du Gbagboïsme est la démocratie. Cette philosophie voit le peuple comme la source principale de la légitimité politique. L’élection, le pluralisme, la liberté d’expression, la participation citoyenne et le respect des institutions, permettent au peuple de choisir librement ses dirigeants. La démocratie ne se résume pas à organiser des élections périodiques ; elle exige aussi la reconnaissance de l’adversaire politique et la possibilité d’alternance au sommet de l’État.

Le Gbagboïsme accorde aussi une grande importance à la dignité nationale. Il la considère comme le fait que la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens soient les acteurs de leur propre histoire. Le citoyen ne doit pas rester seulement un administré ou un électeur ; il doit devenir un sujet politique qui connaît ses droits, qui accepte ses responsabilités et qui a la capacité de participer à la construction de la Nation. La phrase célèbre de Laurent Gbagbo, « Asseyons‑nous et discutons », exprime clairement une idée politique : le dialogue permet de régler les crises et de garder la communauté nationale unie. Pour nous, la souveraineté ne se limite pas aux institutions ; elle donne surtout au peuple le pouvoir de prendre en mains son propre destin collectif.

Le Gbagboïsme cherche un développement centré sur le pays et veut donner plus de place aux ressources nationales, à leur transformation sur place, à l’agriculture, à l’éducation, à la formation et à la mise en valeur des compétences des Ivoiriens. Cette doctrine veut que la Côte d’Ivoire participe à la mondialisation en défendant les intérêts de la Côte d’Ivoire et en renforçant les capacités propres de la Côte d’Ivoire. Comme son inspirateur, ce mode de pensées voit la politique comme un combat permanent pour la liberté et la dignité des Ivoiriens et des Africains. Le Mouvement Trait d’Union HOUPHOUËT-GBAGBO, considère le Gbagboïsme comme le deuxième pilier de sa doctrine.

La convergence de ces deux philosophies : vers « le Trait d’Unionisme ».
« Le Trait d’Unionisme » se présente comme  une nouvelle doctrine politique ivoirienne de dépassement de soi que nous proposons au Ivoiriens. Il puise dans les expériences historiques de la Côte d’Ivoire et ne s’enferme pas dans celles‑ci. Cette doctrine reconnaît les contributions respectives de l’Houphouëtisme et du Gbagboïsme dans la construction de la Nation ivoirienne, sans se confondre avec le premier ni avec le second. Elle a pour ambition ultime de faire émerger une nouvelle culture politique de paix, de dialogue, de « souveraineté de coopération », de responsabilité, de justice et de développement.
« Le Trait d’Unionisme » ne demande pas que les Ivoiriens choisissent une seule mémoire et pensée politiques. Il propose en effet, de les transformer en une force nouvelle. Le véritable Trait d’Union, ne se situe donc pas seulement entre deux hommes, mais entre deux périodes de l’histoire ivoirienne. Le Trait d’Union relie ici, le passé à l’avenir, les anciens aux jeunes, les différences à l’unité nationale et le Ivoiriens à la Côte d’Ivoire. Pour nous, « le Trait d’Unionisme » porte ainsi une conviction centrale : « La Côte d’Ivoire ne deviendra grande que si elle transforme ses différences internes en lignes de convergence au lieu d’en faire des points de fracture ».
« Le Trait d’Unionisme » est une nouvelle doctrine politique que nous proposons aux Ivoiriens. Elle cherche à construire une synthèse dynamique entre les expériences historiques, les valeurs et les aspirations susceptibles de contribuer à l’unité et au développement de la Côte d’Ivoire. Le terme « Trait d’Union » possède ici une double signification. Il est d’abord un symbole de rapprochement : il relie ce qui était séparé. Il est également une méthode politique qui ne supprime pas les différences. « Le Trait d’Unionisme » repose ainsi sur une distinction fondamentale : unir ne signifie pas uniformiser ; réconcilier ne signifie pas oublier ; dialoguer ne signifie pas renoncer à ses convictions.
La doctrine de notre Mouvement (www.houphouet-gbagbo.com), puise dans l’héritage houphouëtiste une référence particulière à la paix, au dialogue, à l’ouverture, à la tolérance et au développement. Elle reconnaît dans le gbagboïsme, une ouverture particulière à la discussion politique, à la souveraineté, à la participation populaire, à la pluralité et à l’affirmation de la dignité nationale. Mais « le Trait d’Unionisme » ne se contente pas de juxtaposer ces concepts.
Même si les porteurs de ces deux concepts s’appréciaient mutuellement, « le Trait d’Unionisme » n’est donc pas une simple addition de l’Houphouëtisme et du Gbagboïsme. Il représente une nouvelle doctrine politique qui dépasse les oppositions historiques entre Félix Houphouët-Boigny et Laurent Gbagbo, tout en conservant les apports fondamentaux de chaque courant. Cette hypothèse nous conduit à la formulation de notre équation doctrinale :

Houphouëtisme = Paix + Dialogue + Unité + Développement et Ouverture. Gbagboïsme = Souveraineté + Démocratie + Dignité + Liberté + Émancipation + Développement. Trait d’Unionisme = Paix + Souveraineté + Dialogue + Démocratie + Unité + Développement.

Cette symbiose donne précisément au « Trait d’Unionisme » son originalité en réconciliant la paix d’Houphouët-Boigny avec la souveraineté de Laurent Gbagbo, le dialogue du Bélier de Yamoussoukro avec le « asseyons‑nous et discutons » du Woody de Mama et le développement économique avec la justice sociale et la dignité nationale. A terme « le Trait d’Unionisme » peut devenir une doctrine politique ivoirienne de réconciliation historique, ayant pour ambition de transformer deux héritages politiques longtemps opposés en une philosophie commune de la Côte d’Ivoire future.
Pour terminer, il faut rappeler que « le Trait d’Unionisme » se présente ainsi comme une nouvelle doctrine politique ». Elle puise ses théories dans les expériences politiques historiques de la Côte d’ Ivoire tout en reconnaissant notamment les contributions respectives de l’Houphouëtisme et du Gbagboïsme, sans se confondre avec l’un ou l’autre. L’ambition ultime du « Trait d’Unionisme » est de faire émerger au-delà des ethnies, une nouvelle culture politique : une culture de paix, de dialogue, de souveraineté, de responsabilité, de justice et de développement partagé.
« Le Trait d’Unionisme » ne demande donc pas à la Côte d’Ivoire de choisir entre ses différentes mémoires internes et pensées politiques exogènes. Il lui propose de les transformer en une énergie nouvelle du « vivre ensemble ». Car le véritable Trait d’Union ne se situe finalement pas entre deux hommes à savoir, Félix Houphouët-Boigny et Laurent Gbagbo (www.houphouet-gbagbo.com). Il se situe entre deux périodes de l’histoire ivoirienne. Pour rappel, il relie le passé à l’avenir, le Nord au Sud, les anciens aux jeunes, les différences à l’unité, la politique à la Nation et celle-ci, à son destin. C’est pourquoi le Trait d’Unionisme peut porter cette conviction fondamentale : « La Côte d’Ivoire ne sera véritablement grande que lorsqu’elle aura appris à faire de ses différences, non plus des lignes de fracture, mais des points ultimes de convergence sociétale ».

Dr Ben ZAHOUI DÉGBOU, Géographe-Journaliste, Spécialiste de Géopolitique et de Commerce International. Doctorant en Théologie, Institut de Théologie BIBLEDOC, P.O. BOX 118 STAFFORD, VA – USA (bibledoc.com).

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