Nouvelle vague de droits de douane américains: les investisseurs appelés à revoir leurs stratégies

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Nouvelle vague de droits de douane américains: les investisseurs appelés à revoir leurs stratégies

Dernère mise à jour -

Les marchés financiers mondiaux entrent dans une nouvelle zone d’incertitude. L’administration américaine a annoncé l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane visant près de 60 économies à travers le monde, une décision qui pourrait bouleverser les échanges commerciaux internationaux et modifier durablement les stratégies d’investissement.

À compter de ce vendredi, les États-Unis appliquent des droits de douane compris entre 10 % et 12,5 % sur les importations en provenance de la majorité de leurs principaux partenaires commerciaux. Cette mesure constitue la plus importante offensive commerciale menée par Washington depuis que la Cour suprême américaine avait invalidé, en février dernier, la précédente architecture tarifaire mondiale mise en place par l’administration Trump.

Une mesure qui touche près de 60 économies

Ces nouvelles taxes sont le résultat d’une enquête menée par les autorités américaines sur les pratiques liées au travail forcé dans une soixantaine d’économies. Parmi les pays concernés figurent notamment le Canada, l’Union européenne, le Royaume-Uni, le Japon, l’Inde, la Suisse, Taïwan, le Mexique et plusieurs autres partenaires majeurs des États-Unis.

Les pays jugés conformes aux exigences américaines en matière de lutte contre le travail forcé bénéficieront du taux réduit de 10 %, tandis que d’autres, comme le Japon, la Suisse, la Corée du Sud et plusieurs dizaines d’économies, devront s’acquitter d’un tarif de 12,5 %.

Parallèlement, Washington a lancé une nouvelle enquête concernant les capacités industrielles excédentaires de seize autres économies, laissant présager de nouvelles mesures dans les prochains mois.

Nigel Green alerte sur les risques pour les marchés

Pour Nigel Green, directeur général du groupe de conseil financier indépendant deVere Group, cette décision marque un tournant majeur pour les investisseurs.

« Lorsqu’un seul pays est visé par de nouveaux droits de douane, cela reste un problème sectoriel. Mais lorsque près de 60 économies sont concernées le même jour, il s’agit d’un choc d’une toute autre ampleur, auquel la majorité des portefeuilles d’investissement ne sont tout simplement pas préparés », affirme-t-il.

Selon lui, de nombreux investisseurs pensent être suffisamment diversifiés alors qu’une part importante de leurs actifs dépend des mêmes chaînes d’approvisionnement, des mêmes régions industrielles ou des mêmes routes commerciales internationales.

Inflation et volatilité en perspective

Les spécialistes anticipent désormais des répercussions sur plusieurs marchés financiers. Les devises, les rendements obligataires ainsi que les marchés actions pourraient connaître une période de forte volatilité au cours des prochaines semaines, notamment dans les secteurs fortement exposés au commerce international.

Nigel Green rappelle également que les droits de douane constituent avant tout une forme de taxation supplémentaire.

« Les droits de douane sont une taxe, tout simplement. Une taxe d’une telle ampleur comporte inévitablement des conséquences inflationnistes que les banques centrales ne pourront ignorer, surtout dans un contexte où les prix du pétrole restent sous pression », souligne-t-il.

La politique commerciale devient un facteur stratégique

Pour le dirigeant de deVere Group, les investisseurs ne peuvent plus considérer les tensions commerciales comme un phénomène temporaire.

« La politique commerciale n’est plus un simple bruit de fond. Elle devient désormais un élément permanent de la construction des portefeuilles, au même titre que les taux d’intérêt ou le risque de change », explique Nigel Green.

Il estime que les investisseurs qui attendront une stabilisation de la situation risquent d’agir trop tard.

« Ceux qui ajustent leur exposition dès maintenant auront probablement une longueur d’avance sur un marché qui cherche encore à mesurer l’ampleur de ces nouvelles décisions », affirme-t-il.

Une diversification à repenser

En conclusion, Nigel Green recommande aux investisseurs de revoir en profondeur la composition de leurs portefeuilles afin d’évaluer leur véritable exposition géographique et industrielle.

Selon lui, il vaut mieux renforcer temporairement les mécanismes de couverture des risques que de découvrir, lors des publications de résultats du quatrième trimestre, qu’une diversification jugée solide ne reposait en réalité que sur des apparences.

Cette nouvelle offensive commerciale américaine pourrait ainsi redéfinir les stratégies d’investissement internationales et renforcer les incertitudes qui pèsent déjà sur la croissance mondiale, les chaînes d’approvisionnement et l’évolution de l’inflation au cours des prochains mois.

George Prior
george@priorconsultancy.co.uk

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