Tanella Boni s’éteint à 72 ans: la Côte d’Ivoire perd une grande voix de la littérature africaine

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Tanella Boni s’éteint à 72 ans: la Côte d’Ivoire perd une grande voix de la littérature africaine - (Ph - Wikipedia)

Dernère mise à jour -

La Côte d’Ivoire est en deuil. La Professeure Tanella Boni, philosophe, poétesse, romancière et universitaire de renommée internationale, est décédée le 15 septembre 2026 à Toulouse, en France, à l’âge de 72 ans. Avec sa disparition, le pays perd l’une de ses grandes figures intellectuelles et l’Afrique une voix majeure de sa littérature contemporaine.
Pendant plusieurs décennies, Tanella Boni aura fait dialoguer philosophie, poésie et littérature pour interroger l’Afrique, la condition humaine, la place des femmes, la dignité et les transformations de nos sociétés.

Née le 20 mai 1954 à Abidjan, elle poursuit des études supérieures de philosophie en France, notamment à Toulouse puis à l’Université Paris IV-Sorbonne. Son brillant parcours universitaire la conduit jusqu’au doctorat d’État ès Lettres et Sciences humaines.
De retour en Côte d’Ivoire, elle enseigne la philosophie à l’Université de Cocody, devenue Université Félix Houphouët-Boigny, où elle occupe plusieurs responsabilités académiques. Elle dirige notamment le Département de philosophie et exerce également les fonctions de vice-doyenne de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences humaines.
Son rayonnement dépasse rapidement les frontières ivoiriennes. Tanella Boni participe à de nombreuses institutions et rencontres intellectuelles internationales et devient notamment directrice de programme au Collège international de philosophie à Paris.

Une plume ivoirienne au rayonnement international
Mais Tanella Boni était aussi une femme de lettres prolifique.
Poésie, romans, essais, nouvelles et littérature pour la jeunesse composent une œuvre dans laquelle elle n’a cessé d’interroger l’être humain et son rapport au monde.
Son engagement pour les lettres ivoiriennes l’amène à présider l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire de 1991 à 1997. Elle contribue également à la promotion de la poésie et à la transmission de la littérature aux jeunes générations.

Son œuvre lui vaut de nombreuses distinctions.
En 2005, son roman Matins de couvre-feu reçoit le prestigieux Prix Ahmadou Kourouma. Elle obtient également le Prix international de poésie Antonio Viccaro en 2009 et, en 2025, le Prix Tchicaya U Tam’si de la poésie africaine.
Parmi ses ouvrages marquants figurent également Les nègres n’iront jamais au paradis, Que vivent les femmes d’Afrique ? ou encore Sans parole ni poignée de main, roman publié en 2023 et consacré au drame des déchets toxiques déversés à Abidjan en 2006.

La Côte d’Ivoire rend hommage à une grande intellectuelle
L’annonce de sa disparition a suscité des hommages dans le monde culturel ivoirien.
Le ministère ivoirien de la Culture et de la Francophonie a salué en Tanella Boni une « figure majeure de la culture ivoirienne et de la poésie africaine contemporaine ».
Membre de l’Académie des Sciences, des Arts, des Cultures d’Afrique et des Diasporas africaines (ASCAD), elle avait également été élevée au grade de Chevalier dans l’Ordre du Mérite culturel de Côte d’Ivoire. Son parcours avait été particulièrement célébré lors du Salon international du livre d’Abidjan (SILA), où elle avait été mise à l’honneur en 2023.

Une œuvre qui lui survivra
La disparition de Tanella Boni referme un chapitre important de la vie intellectuelle et littéraire ivoirienne, mais elle ne met pas fin à sa voix.
Cette voix demeure dans ses poèmes, ses romans, ses essais, ses travaux philosophiques et auprès des générations d’étudiants qu’elle a contribué à former.
Philosophe pour penser le monde, poétesse pour le raconter et enseignante pour transmettre le savoir, Tanella Boni aura consacré sa vie aux idées, aux mots et à la culture.
À 72 ans, elle quitte la scène, mais son œuvre reste.

W. Thomas, 20/09/2026 – Ivorian.Net

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