Dernère mise à jour -
Au Mali, où près de neuf femmes sur dix sont concernées, des organisations féminines et associatives appellent à une journée de mobilisation contre l’excision le samedi 22 août 2026. Une initiative qui intervient alors que des prises de position favorables à cette pratique circulent sur les réseaux sociaux.
À quelques jours du samedi 22 août 2026, des organisations féminines et associatives maliennes intensifient leur campagne contre l’excision. Cette journée de mobilisation entend sensibiliser les familles et protéger les filles, alors que la pratique demeure largement répandue et que des positions favorables continuent de circuler en ligne.
Une pratique massive, un vide juridique persistant
Selon les registres officiels, 89 % des Maliennes âgées de 15 à 49 ans ont subi des mutilations génitales féminines. Le Mali ne dispose pourtant d’aucune loi interdisant explicitement l’excision. Ce vide juridique garantit une quasi-impunité à celles et ceux qui la pratiquent. À l’échelle mondiale, plus de deux millions de filles sont concernées chaque année, souvent avant cinq ans, et l’Afrique concentre quelque 144 millions de victimes.
Le Mali, un « refuge » régional
Faute de législation, le pays s’est forgé la réputation d’un refuge pour la pratique. Des familles y viennent des pays voisins, parfois de plus loin, pour faire exciser leurs filles. Le contraste régional est net : le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Niger ont déjà adopté des lois bannissant l’excision. Ces mutilations n’apportent aucun bénéfice pour la santé et entraînent des séquelles physiques et psychologiques durables.
Sensibiliser et protéger les filles
Les organisations mobilisées misent sur l’information des familles, le dialogue avec les leaders communautaires et religieux et l’implication des hommes. Des militants issus des communautés, à l’image de Siaka Traoré, dont la mère fut exciseuse, portent ce combat de terrain. Les médias, eux, sont appelés à informer sans choquer ni stigmatiser. Cette mobilisation, insistent ses initiatrices, doit se prolonger au-delà d’une seule journée.
Combien de temps encore la protection des filles maliennes restera-t-elle suspendue à une loi jamais votée ?
F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info






