François Lougah, le « Papa National » qui a marqué l’histoire de la musique ivoirienne

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François Lougah: 22 juin 1942 - 22 décembre 1997. Le « Papa National » qui a marqué l’histoire de la musique ivoirienne

Dernère mise à jour -

Figure emblématique de la musique ivoirienne, François Lougah demeure l’un des plus grands artistes qu’ait connus la Côte d’Ivoire. Chanteur, compositeur du spectacle moderne, celui que les mélomanes surnommaient affectueusement le « Papa National » a consacré toute sa vie à la promotion de la culture ivoirienne. François Lougah est né le 22 juin 1942 dans le département de Lakota, en Côte d’Ivoire. Artiste aux multiples talents, il s’est illustré comme chanteur, auteur-compositeur, musicien et acteur. Il s’est éteint le 22 décembre 1997 à Abidjan, à l’âge de 55 ans, laissant un héritage artistique qui continue d’inspirer plusieurs générations.

Une jeunesse entre la Côte d’Ivoire et la France
Fils de Dago Gnaoua, chef de canton de Deboua, François Lougah grandit dans un environnement où les traditions occupent une place importante. Il effectue ses études primaires à Bondoukou entre 1950 et 1956 avant de poursuivre sa scolarité à l’École Primaire Publique de Treichville puis au Collège Ajavon.

Après avoir quitté les études secondaires en classe de quatrième, il s’envole pour la France où il intègre, de 1958 à 1961, l’École française de maçonnerie et de briqueterie de la rue Lambert à Paris. Il y obtient un **Certificat d’Aptitude Professionnelle (CAP) en bâtiment avec la mention Bien. Une grave maladie l’oblige cependant à interrompre momentanément sa formation, avant qu’il ne se tourne définitivement vers l’art.

De la scène théâtrale à la musique
Passionné par les arts du spectacle, François Lougah rejoint l’École d’Art dramatique Mona Sangor entre 1963 et 1968. Il y perfectionne son jeu d’acteur tout en suivant des cours de piano et de chant.

Durant cette période, il participe à de nombreuses productions théâtrales, joue dans des émissions de l’ORTF ainsi que dans plusieurs films et sketches publicitaires. Il tient notamment les premiers rôles dans “Aventure en France¤ et “Africains de France”. Il devient également assistant réalisateur du promoteur français Philippe Brunet, qu’il avait rencontré en 1962 et qui contribuera à révéler son immense potentiel artistique.

À Paris, François Lougah côtoie plusieurs grandes figures ivoiriennes telles que Jean-Baptiste Tiémélé, Désiré Écaré, Danielle Boni, Anne Kacou ou encore Léonard Groguhet, enrichissant ainsi son univers artistique.

Une carrière musicale exceptionnelle
Si François Lougah rêve un temps d’une carrière de footballeur à Aubervilliers, c’est finalement la musique qui devient sa véritable vocation.

Avec Joseph Miézan-Bognini et Michel Parayso, il fonde le Trio Midiloms, avant de rejoindre l’orchestre Los Cocoblicos dirigé par Yves Beugré, où évolue également Viera Koré.

Après cette expérience collective, il entame une brillante carrière solo. Son talent est rapidement récompensé par le deuxième prix de l’émission radiophonique Le “Jeu de la Chance”, animée par Roger Lanzac, avant de décrocher le prestigieux Grand Prix du Music-Hall en 1968.

Cette même année, il entre dans l’histoire en devenant le premier artiste négro-africain à se produire sur la mythique scène de l’Olympia de Paris, une performance qui contribue à faire rayonner la musique ivoirienne à l’international.

Des chansons devenues intemporelles
Le répertoire de François Lougah demeure aujourd’hui encore une référence incontournable de la musique ivoirienne.

Parmi ses plus grands succès figurent notamment :

Pécoussa
Nayowi
Toigny
Yoco You Mon
Contraste
Kouho-Kouho
Glokali Zaza
Bernadette
Moustique il est là
Kouglizia

Ces œuvres, mêlant humour, émotion et rythmes africains, ont traversé les décennies sans perdre leur popularité.

Le « Papa National » de plusieurs générations
Durant les années 1970 et 1980, François Lougah s’impose comme l’un des artistes les plus populaires de Côte d’Ivoire. Son charisme, sa voix reconnaissable et son élégance sur scène lui valent le surnom affectueux de « Papa National ».

L’arrivée du Zouglou au début des années 1990 modifie profondément le paysage musical ivoirien. Comme d’autres grandes figures telles qu’Amédée Pierre ou Allah Thérèse, François Lougah voit naturellement émerger une nouvelle génération d’artistes. Malgré cette évolution, son prestige demeure intact auprès du public.

Un héritage culturel toujours vivant
François Lougah s’éteint en décembre 1997, laissant derrière lui une œuvre considérable qui continue d’occuper une place de choix dans le patrimoine culturel ivoirien.

Près de trois décennies après sa disparition, ses chansons restent régulièrement diffusées lors des cérémonies, émissions radiophoniques et événements culturels. Son parcours illustre celui d’un artiste complet qui a su conjuguer théâtre, musique et cinéma tout en ouvrant la voie à de nombreux talents africains.

Aujourd’hui encore, François Lougah demeure l’une des plus grandes légendes de la musique ivoirienne. Son nom est associé à une époque où les artistes contribuaient, par leur créativité et leur engagement, à construire l’identité culturelle de toute une nation. Son héritage continue de vivre à travers ses œuvres, qui demeurent gravées dans la mémoire collective des Ivoiriens et des amoureux de la musique africaine.

W Thomas
Ivorian.Net

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