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Quatre hectares offerts à l’État, une première pierre posée en mars 2025… mais plus d’un an après, le chantier n’a toujours pas démarré. À Nagadoukou, les habitants gardent espoir de voir le collège de proximité Pello Colette Lakpe devenir enfin une réalité.
Nagadoukou (Sous-préfecture de Yopohué, département de Gagnoa) – Il y a des promesses qui traversent le temps sans perdre leur force. À Nagadoukou, le projet de collège de proximité Pello Colette Lakpe continue de nourrir les espoirs de toute une communauté. Pourtant, sur le terrain de quatre hectares gracieusement offert par les populations à l’État de Côte d’Ivoire, aucun bâtiment ne s’élève encore. Là où devaient résonner les voix des élèves et le bruit des travaux, seules les hautes herbes occupent désormais l’espace.

Le mercredi 15 juillet 2026, l’équipe de reportage s’est rendue sur le site destiné à accueillir cet établissement secondaire. Plus d’un an après la pose de la première pierre, le constat est sans équivoque : le terrain est toujours vierge de toute construction. Cette réalité contraste avec les attentes des habitants, qui voient dans ce projet un levier essentiel pour l’avenir de leurs enfants.
Tout avait pourtant commencé sous le signe de l’espoir. Le samedi 15 mars 2025, les autorités administratives, les cadres de la région, les chefs traditionnels, les guides communautaires et les populations s’étaient réunis à Nagadoukou pour la cérémonie officielle de pose de la première pierre du futur collège de proximité. Placée sous le parrainage de Pello Colette Lakpe, conseillère économique et sociale, cette cérémonie symbolisait un engagement fort en faveur de l’accès à l’enseignement secondaire dans cette localité de la sous-préfecture de Yopohué.
L’objectif était clair : rapprocher l’école des élèves, réduire les longues distances parcourues chaque jour pour rejoindre un établissement secondaire et offrir de meilleures conditions d’apprentissage à la jeunesse de Nagadoukou et des villages environnants.
Aujourd’hui, si le chantier tarde à démarrer, la détermination des habitants, elle, demeure intacte.
Interrogé par l’équipe de reportage, le chef du village de Nagadoukou, Kiffy Mineso Zahui Bernardin, refuse de céder au découragement.

« Nous avons espoir que ce collège de proximité sera construit, quelle que soit la durée que cela prendra. Nous savons que ce projet est important pour nos enfants et pour l’avenir de notre village. »
Pour lui, ce projet dépasse largement la construction d’un simple établissement scolaire. Il représente un investissement durable pour les générations futures et un facteur de développement pour toute la communauté.
Le même optimisme anime Douayere Marie Claire épouse Dioboe, présidente des femmes de Nagadoukou. Elle rappelle que l’absence d’un collège de proximité oblige encore de nombreux élèves à parcourir de longues distances, une situation particulièrement difficile pour certaines familles.

« Nos enfants parcourent souvent de longues distances pour poursuivre leurs études. Ce collège permettra aux parents d’être rassurés et donnera davantage de chances aux filles comme aux garçons de réussir leur parcours scolaire. Nous gardons confiance et nous attendons le début effectif des travaux. »
Le président de la Mutuelle de Développement de Nagadoukou (MUDNA), Dioboet Lucien, souligne que le village a pleinement assumé sa part de responsabilité en mettant gratuitement le terrain à la disposition de l’État.
« Les populations ont mis ce terrain à la disposition de l’État parce qu’elles croient au développement par l’éducation. Nous souhaitons que ce projet se concrétise afin que les sacrifices consentis par le village produisent enfin leurs fruits. »
Même son de cloche chez les jeunes. Le président de la jeunesse de Nagadoukou, Bohui Gnago Daniel, estime que la réalisation du collège permettra de renforcer la scolarisation et de réduire les abandons scolaires liés à l’éloignement des établissements.
« La jeunesse de Nagadoukou attend ce collège avec impatience. Nous voulons offrir aux générations futures de meilleures conditions d’apprentissage. Nous gardons espoir et nous sommes prêts à accompagner toutes les initiatives qui permettront à ce projet d’aboutir. »
À Nagadoukou, ces quatre hectares ne sont pas une simple réserve foncière. Ils témoignent de la volonté d’un village de miser sur l’éducation comme moteur de son développement. Chaque habitant y projette déjà des salles de classe, une cour de récréation, des enseignants et des élèves qui n’auront plus à quitter leur village à l’aube pour espérer poursuivre leurs études.
Le contraste est frappant : d’un côté, un terrain prêt à accueillir un établissement scolaire ; de l’autre, une attente qui se prolonge. Pourtant, loin de céder au découragement, les populations continuent de croire en la concrétisation de cette promesse.
À Nagadoukou, les broussailles occupent encore le terrain. Mais dans les esprits, elles n’ont pas effacé le projet. Elles rappellent simplement qu’un chantier attendu reste à ouvrir. Et dans chaque famille, l’espoir demeure intact : voir enfin sortir de terre le collège de proximité Pello Colette Lakpe, afin que l’éducation devienne, plus que jamais, un véritable moteur de développement pour le village.
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