Côte d’Ivoire: Le tambour parleur « Djidji Ayokwé » retrouve la communauté atchan

0
37
Le tambour parleur « Djidji Ayokwé » retrouve symboliquement la communauté atchan

Dernère mise à jour -

Le tambour parleur « Djidji Ayokwé » retrouve symboliquement la communauté atchan à Adjamé après son retour de France

Abidjan, Côte d’Ivoire, 8 août 2026 – Après sa présentation à la Nation lors du défilé militaire et civil marquant la célébration officielle du 66 anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, le vendredi 7 août 2026 à Yopougon, le tambour parleur du peuple atchan, tchaman ou ébrié, « Djidji Ayokwé », a été présenté à ses dépositaires traditionnels à Adjamé.

Représentant le Premier ministre Robert Beugré Mambé, le ministre, conseiller à la Présidence de la République, Laurent Tchagba, a conduit la délégation officielle à la chefferie centrale de la communauté ébrié, située à la place Akosso Gban Hin. Il était notamment accompagné de la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck.
La cérémonie s’est déroulée en présence du chef d’Adjamé-village, Nanan Nangui Boua Chérubin, ainsi que des chefs des autres villages ébrié, donnant à cet événement une importante dimension traditionnelle, culturelle et spirituelle.

Laurent Tchagba transmet les remerciements des autorités
Lui-même fils de la communauté, Laurent Tchagba a transmis à ses parents les remerciements du Président de la République, Alassane Ouattara, et du Premier ministre pour leur collaboration ayant contribué au retour de ce tambour sacré.
Djidji Ayokwé représente, pour le peuple atchan, bien plus qu’un objet patrimonial. Il constitue un puissant instrument traditionnel de communication, de rassemblement et de transmission de la mémoire collective.

Laurent Tchagba a souligné la volonté des autorités ivoiriennes d’associer pleinement les communautés d’origine au processus de retour des biens culturels ivoiriens conservés à l’étranger.
« Le Président de la République, en travaillant pour rassembler le patrimoine du pays, le fait sans oublier les communautés », a-t-il déclaré, rappelant que parmi plus d’une centaine d’objets réclamés, Djidji Ayokwé est le premier à revenir au pays.

Selon le ministre, le Chef de l’État a souhaité que l’origine du tambour ne soit « ni oubliée, ni occultée ». C’est dans cet esprit qu’une halte à Adjamé a été organisée avant son transfert au musée, afin de permettre au peuple tchaman de se réapproprier symboliquement son patrimoine.
Pour Laurent Tchagba, cette étape constitue également une manière d’honorer la communauté atchan sur la terre où le tambour était conservé avant son départ pour la France.

Des rituels pour la cohésion et la mémoire
La cérémonie organisée à Adjamé-village doit permettre au peuple atchan de se retrouver autour de Djidji Ayokwé et d’accomplir les différents rituels traditionnels liés à son retour. Cette démarche vise également à renforcer la cohésion au sein de la communauté atchan et à favoriser la synergie avec les différentes populations venues s’installer à Abidjan, dans un esprit de coexistence et d’harmonie.

Les populations atchan, par la voix du secrétaire général de la chefferie, Prosper Mobio, ont exprimé leur reconnaissance aux autorités ivoiriennes, particulièrement au Président Alassane Ouattara, pour l’honneur accordé à leur communauté et pour les initiatives entreprises en faveur de la sauvegarde et du retour de ce patrimoine culturel.

Un retour chargé d’histoire, 110 ans après
Le retour de Djidji Ayokwé à Adjamé revêt enfin une dimension historique majeure. Le tambour avait été enlevé à la terre de ses ancêtres en 1916 par le colonisateur français.
Son retour en Côte d’Ivoire, 110 ans plus tard, dépasse ainsi le cadre d’une simple restitution d’un objet culturel. Il symbolise la récupération d’une partie de la mémoire du peuple atchan et, plus largement, du patrimoine historique ivoirien. Cette restitution rappelle également le rôle essentiel du patrimoine culturel dans la préservation de la mémoire collective et dans la transmission de l’histoire aux jeunes générations.

En faisant d’abord étape à Adjamé avant de rejoindre le musée, Djidji Ayokwé renoue ainsi symboliquement avec sa terre d’origine et avec les descendants de ceux qui en furent les dépositaires.

La rédaction

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici